📝 Le "Split Sheet" : L'arme secrète (et oubliée) qui sauve les carrières en Afrobeats ⚔️

 

Tu as un morceau qui cartonne. Le beatmaker est un pote, l'auteur a posé des lignes de feu, et tu as géré le chant et la prod. Tout le monde est content. Et puis, l'argent commence à rentrer... et là, tout s'écroule.

Le manque de clarté sur un seul document est la cause numéro un des disputes, des carrières brisées et des millions d'euros perdus dans la musique urbaine et en Afrobeats/Francophone : le Split Sheet (ou feuille de répartition des droits). Ce n'est pas un simple papier. C'est l'ADN financier de ton morceau. Ne pas l'avoir signé avant même d'aller en studio, c'est s'assurer une bataille juridique amère dès que le succès arrive.


 

Qu'est-ce que le Split Sheet (et pourquoi c'est essentiel) ?

 

Le Split Sheet est un document contractuel qui établit noir sur blanc qui a créé quoi et quel pourcentage de la propriété de la composition revient à chaque contributeur.

Il ne faut jamais confondre deux types de droits :

  1. Les Droits d'Enregistrement (Masters) : Qui est le propriétaire de l'enregistrement sonore final (souvent le producteur financier/label).

  2. Les Droits de Composition (Publishing) : Qui est le propriétaire de la mélodie, des paroles et de la structure (l'auteur, le compositeur, l'arrangeur). C'est ce que couvre le Split Sheet.

Le Split Sheet détermine la répartition des droits d'auteur qui sont collectés par des organismes comme le BURIDA ou la SACEM/SABAM partout dans le monde. Si tu n'as pas de Split Sheet, ces organismes ne savent pas à qui reverser l'argent.

 

Le coup de génie : La répartition des rôles (et de l'argent)

 

Pour chaque morceau, le Split Sheet doit attribuer un pourcentage total de 100% pour la Composition (Publishing) et 100% pour l'Enregistrement (Masters).

Rôle Qu'est-ce qu'il apporte Pourcentage (Exemple Standard) Où l'argent est collecté
Auteur/Lyriciste Les Paroles 50% de la Composition Organismes de gestion collective (BURIDA/SACEM)
Compositeur La Mélodie 50% de la Composition Organismes de gestion collective (BURIDA/SACEM)
Beatmaker/Producteur Le Rythme/L'Instrumentale Souvent une part du Master ET une part de la Composition Label / Éditeur / Masters (pour les Masters)

Le piège de la confiance : En Afrobeats, il est fréquent que le beatmaker soit considéré comme un simple prestataire payé forfaitairement (pour son "Master"). Mais s'il a composé la mélodie principale, il est aussi compositeur et a droit à des parts de la Composition. Ne pas régler cela par écrit avant même d'enregistrer, c'est garantir que le beatmaker reviendra en force quand le son sera un hit.


 

Pourquoi l'absence de Split Sheet est un danger mortel

 

  1. Blocage des Royalties : Sans Split Sheet clair, le morceau n'est pas correctement déclaré. Les organismes de gestion collective (BURIDA, SACEM) peuvent geler les revenus jusqu'à ce que la dispute soit résolue. C'est une perte de cash flow immédiate.

  2. Litiges Internationaux : Ton morceau tourne au Nigeria, en France, et aux US. Si la répartition n'est pas claire, chaque société de droits d'auteur dans le monde peut avoir des informations contradictoires, ce qui mène à des blocages permanents.

  3. Perte d'Opportunités : Un morceau en litige ne peut pas être synchronisé (utilisé dans un film, une pub, un jeu vidéo). Tu perds une source de revenus majeure.


 

Le mot de la fin : La discipline du business

 

Le Split Sheet n'est pas une preuve de méfiance ; c'est une preuve de professionnalisme. Le coup de génie, c'est de comprendre que la musique est un business avant d'être une œuvre. Un artiste sérieux signe un Split Sheet à la fin de la session de studio, avant même de mixer.


 

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